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Il n’y a pas si longtemps de cela, on se tapait le coccyx dans les palétuviers roses de connaître les maîtresses de nos dirigeants et leurs habitudes ou manies sexuelles. On ne jugeait pas de la compétence à gouverner sur la libido du candidat. Bref, qu’on soit homo, pédophile, compulsif ou hyperactif en la matière ne faisait pas débat.
Puis DSK se fait attraper pour viol présumé. Et là, c’est le déchainement total, la scène politique se transforme en presse people trash.
Les questions les plus absurdes pleuvent comme les théories de comptoirs. On croise un nouveau Finkielkraut à chaque coin de rue qui dénonce la fin de la civilisation, l’échec du féminisme, l’aube du matriarcat ou je ne sais quelle ânerie. La fête du slip, au sens propre quoi. En même temps, il vaut mieux que la fête du slip se passe au sens propre (sic.).
Tout ceci nous a fait perdre le fil des choses importantes. Notamment la fin de l’histoire d’espionnage industriel chez un constructeur automobile dont l’état n’est pas le moindre actionnaire. Pour ceux qui étaient sur la planète Mars à l’époque, voici un résumé des faits :
L’empereur de l’Alliance, pour parenthèse, ça fait un peu guerre de étoile, cette dénomination, bref, écrivais-je, l’empereur de l’Alliance, sous son masque de cire, bannit séant du royaume trois traitres avérés qui, par une filière au moins extrême orientale, avait livré des secrets et touché pour cela de l’argent sur des comptes dans des paradis au moins fiscaux. Les traitres avait été débusqués grâce à la diligence d’une enquête interne menée, de main de maître par les sous-fifres d’un homme que l’empereur avait ramené dans ses bagages du japon. On dirait un mauvais film d’espionnage, ou mieux, du San Antonio.
Après une enquête un brin plus étayée et officielle, il s’avère que c’est l’Alliance qui c’est fait empapaoutée de quelques centaines de milliers d’Euros pour s’être fait fournir des informations totalement délirantes par des petits malfrats. Les trois traitres ne l'étaient pas pour un sous.
Là dessus, l’empereur décide de virer son grand chambellan et trois ou quatre hauts collaborateurs fusibles impliqués dans l’affaire. Mais l’empereur reste l’empereur, il ne saurait être destitué et sa contribution au succès de l’Alliance ne doit pas être entachée par une affaire aussi mesquine. « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe ». Les trois bannis sont indemnisés à la manière d’un retraité du CAC 40 et un d’entre eux accepte même d’être réintégré dans l’Alliance. Heureusement, DSK se fait attraper par la police newyorkaise et les médiats réorientent leurs micros et leurs caméras.
Plusieurs conclusions peuvent être tirées de cet épisode rigolo :
1- - Dans une grande entreprise française cotée en bourse, on peut émettre des chèques sans facture à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’Euro sans que les commissaires aux comptes ne se tordent d’une douleur insupportable.
2- - Le responsable de l’entreprise du CAC40 peut ne pas être inquiété du tout après avoir fait perdre plusieurs millions d’Euros sur des informations non vérifiées.
3- - Il, le responsable de cette entreprise du CAC40, pense rester crédible auprès de ses troupes et des investisseurs sur les axes stratégiques qu’il a sans doute choisi en prenant les mêmes précautions qu’en accusant ses collaborateurs de trahison.
4- - Si vous voulez ne plus être embêté par l’argent, faites-vous accuser d’espionnage industriel.
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