Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 08:02
Il y a des jours où l'on aurait mieux fait de rester coucher. Je ne parle pas de jours de niveau sept ou huit sur une échelle allant de un à dix, où il pleut des bombes, où les cadavres jonchent les rues, ou par exemple, vous perdez au loto. Non, je parle de journées merdiques de niveau deux ou trois où rien d'ordinaire ne se passe comme on veut.

Prenont par exemple mardi, je revenais d'une semaine à Séville dont je vous parlerais un de ces quatre et rien que le contraste climatique aurait collé le blues à Sim, paix à son âme. Donc, je devais aller à ma séance hebdomadaire de réparation de voix par la pratique, j'ai nommé l'orthophonie. A ce sujet, sachez que dans deux semaines, une paire de chirurgiens vont se pencher sur mon corps dûment anesthésié, pour réparer ce qui peut l'être et, sans doute, dans trois semaines entamerais-je une carrière de crooner, reléguant Barry White aux oubliettes de la soupe à deux couilles. Bref, dans mon trajet automobilisé, car ma très chère orthophoniste est hélas très éloigné de mon très cher foyer, ma &£#+@! de voiture décide de s'arrêter net sur une trois voies très très très fréquentée. « Chouette, me dis-je, je vais enfin pouvoir essayer ce seyant gilet jaune poussin dont on m'a souvent vanté les mérites. » En plus, je vais voir s'il déteint à la pluie sur mon duffle-coat à 500€. Trop bien !!! Heureusement, le triangle est très facile à monter.

Après m'être détruit l'épiderme palmaire sur les cosses de la batterie, je jette l'éponge et m'en remet au dépanneur d'autoroute, amen. La borne la plus proche n'est heureusement qu'à 200 mètres, ce qui ne fait qu'un trajet d'une demi-heure compte tenu du fait, mais je vous l'avais caché, que j'ai un orteil cassé. Si on se dit tout, on à plus de conversation après, hein ? Bref, avec de ma voix de moucherons, j'essaye d'expliquer à mon interlocuteur de borne que je suis un peu dans la mouise. Il me comprend parfaitement, me demande de prendre les mesures de sécurité de base pour ma pomme en me promettant l'intervention d'une dépanneuse aussi vite que possible, c'est à dire dans environ une demi-heure. Impeccable, juste le temps pour moi de rejoindre mon véhicule. Manque de chance je marche beaucoup trop vite et j'ai rejoint ma poubelle inerte en cinq minutes.
Une demi-heure sous la pluie avec 10°C, c'est long. Quand en plus on ne peut pas marcher, c'est froid. Il y a beaucoup trop de bruit pour appeler qui que ce soit pour avoir une discussion cohérente. Je trouve donc une activité passionnante, compter les camions. Pas les petites camionnettes ni les camionnaux. Non, les CAMIONS; ceux avec une REMORQUE. Et bien, il en passe 100 par tranche de dix minutes sur cette portion d'autoroute. CENT !!! Faisons une hypothèse raisonnable : deux tiers des camions sont remplis au deux tiers. Il passe donc par heure, 600 x 35 tonnes x 2/3 x 2/3, soit environ 9 300 tonnes de marchandise sur un coté de ce tronçon. Sur une journée de dix heures de trafique, 93 000 tonnes dans un sens, sans doute autant dans l'autre. Même si je me trompe de 10%, c'est hallucinant.
Donc, après environ 300 semi-remorques, le dépanneur arrive dans sa dépanneuse et charge mon cabriolet sport pour le déposer avec son propriétaire à la station suivante qui n'est qu'à 500 mètres. Après une étude un peu plus sérieuses des causes possibles de la panne, la voiture redémarre et je peux repartir pour de nouvelles aventures moyennant le paiement d'une somme forfaitaire pas raisonnable du tout pour cinq minutes de boulot et trois litres de gasoil. En même temps, il ne faut jamais s'attendre à de la philanthropie en matière d'automobile.
Sauf qu'au bout de 600 nouveaux mètres d'autoroute, mon énervant véhicule retombe en panne exactement de la même manière. Fort heureusement, le même dépanneur quitte la station cinq minutes plus tard et me retombe dessus. Moins fort ce coup là car il décide, plutôt sympathiquement, de me convoyer gratuitement au garage de la même marque que ma voiture, dont je tairais le nom, par pudeur et par surtout peur des représailles.
Je ne sais pas si vous avez vu « Délivrance », le film... Et bien entrer dans ce garage fait à peu près la même impression. Le QI général doit avoisiner les 30, les trois employés ont visiblement fabriqué eux mêmes leurs vêtements et je pense qu'ils se coiffent les uns les autres. Où est la guitare que je vois si l'un d'eux joue du banjo ? Je me frotte les yeux et promet d'aller poser un cierge à l'église la plus proche pour que ma voiture sorte de cet endroit en un seul morceau. Après les procédures d'usage, enregistrement de ma demande de réparation, proposition de reprise à prix dérisoire de mon vieux tas de boue pour que je reparte avec une splendeur fleurant bon le plastique neuf et les tapis propres, je quitte l'endroit un peu inquiet.
Ça, c'était le matin... Comme dit la chanson : « tout à commencé là-bas dans la ville qu'on appelle Maison Alfort ». L'après midi allait être tout aussi riche en aventures extraordinaires.
Les jours d'automne pluvieux, il règne à Paris une ambiance meurtrière. L'humeur générale est execrable et une distribution d'arme à l'entrée du métro pourrait réduit la population d'un bon quart. C'est dans ces merveilleuses conditions et après une exaltante matinée que j'affrontais les transports publiques pour me télé-porter exactement à l'opposé de la capitale. Sur le papier, rien de plus simple : 25 minutes de RER et dix minutes de bus. Sauf que le RER a décidé de faire un arrêt pipi toutes les trois minutes et qu'il ne passe un bus que toute les demi-heures. Il va de soit que j'ai vu partir le bus en question et comme il est hors de question que je courre pour les raisons sus nommées...
Bref, ayant pris une marge de 40 minutes sur mon rendez-vous, j'arrive dix minutes en retard. Zen, rester zen. Le premier qui me fait une remarque sur mon retard, je le démonte, je le transforme en boite de légo pour adulte, en réseau de train électrique voix Z, les plus petits. Sauf que les rendez-vous en milieu d'après midi cumulent les retards des rendezvistes... J'attends une heure et demi, ce qui promet un retour aux heures de pointes, un plaisir dans Paris.
Le médecin était à peu près aussi zen que moi, heureusement, d'un QI bien plus élevé, il maîtrisait à grand peine ses nerfs en me faisant remarquer qu'il lui manquait 90% des documents utiles à ce qu'il prévoyait de faire... Fin du rendez-vous, direction le bus.
La RATP, dans sa grande sagesse et avec son sens du service un brin clignotant, a installé des indicateurs de délais d'attente dans la plupart des abribus. Ce qui est une excellent chose extrêmement déprimante quand il indique 20 minute d'attente et que trente personnes sont déjà là. La solution de replis passe plus souvent, le taxi. Malheureux, je reviens de Séville où le chauffeur de taxi est plutôt aimable quoique totalement givré sur le plan de la conduite automobile. Là encore, le contraste va être difficile à vivre. Aussi givré sur le plan de la conduite, le chauffeur de taxi parisien l'est tout autant sur le plan de la relation client : la radio à fond ne permet pas d'envisager de répondre au téléphone, la fenêtre ouverte laisse pénétrer l'air piquant dans la voiture et lorsque j'éternue, j'ai droit à un regard de tueur genre « tu vas en plus me refiler la grippe A, enfoiré de client !!! ». Pour le pourboire, ça va être misérable et mon attention va se concentrer sur le trajet, histoire de ne pas visiter toute la capitale pour transformer une course à 10 € en visite au Ritz. Compte rendu de l'après midi, cinq heures de voyage pour quinze minutes d'entretien. No comment.
Dire que la vie parisienne favorise l'alcoolisme serait sans doute exagéré, mais une bonne bière au chaud après tout ça, il n'y a rien de tel.
Par GC - Publié dans : Le sens de la vie
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 20:11

C'est le soir, ou presque. La ville que j'ai quitté n'est plus là que par oppositions. La vue était étroite, j'ai la profondeur du paysage, le bruit assourdissant, j'ai le silence profond, les âmes isolées, j'ai le partage des destins, mes voisins ne sont plus à cinq mètres mais à cinq cent. Je dors trois heures de plus et je peux marcher une heure sans rencontrer âme qui vive.

Et à l'heure où tous les chats deviennent gris, la lumière pleut. La clarté refuse de mourir avec la nuit. Elle devient plus lumineuse que le soleil en mettant en contraste le ciel aux couleurs incandescentes et la terre qui déjà noirci.

Seul, je bois le silence et me repais de cette lumière.

 


Merci.


Par GC - Publié dans : Le sens de la vie
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 08:20

Je suis en vacances dans une presqu'île où règne un presqu'été. Je ne fais presque rien et je m'en porte bien. Après ce début d'année un peu difficile, et comme je suis aux premiers jours du reste de ma vie, je vais raccrocher le clavier. A bientôt peut-être.

 

Par GC - Publié dans : Le sens de la vie
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 07:30

Voilà, ça fait six mois que c'est arrivé. Il y a six mois, on m'annonçait que j'allais subir une épreuve dont je me doutais un peu de la teneur, pas de l'ampleur. Je suis passé par des moments difficiles, très difficiles dans lesquels j'ai été soutenu de manière inespérée. Et aujourd'hui, c'est le dernier jour de traitement. Dire que j'y vais à reculons, c'est un euphémisme. La baïonnette qui m'y pousse a plutôt la tête d'une épée de Damoclès. Mais je ne suis ni au chemin des dames, ni à Syracuse. Alors je vais y aller la fleur au fusil, content de mon sort. C'est de la vie que je gagne et jusqu'à maintenant, elle valait le coup. Il n'y a pas de raison que ça change.


Par GC - Publié dans : Cancer
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 08:18
Par GC - Publié dans : Musique
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